Euthanasie
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Il est essentiel que les prêtres soient bien informés sur l'euthanasie. Le débat concernant ce prétendu droit à « mourir dans la dignité » s'intensifie dans beaucoup de pays en occident - y compris au Canada.
L'euthanasie est le meurtre délibéré d'une personne par action ou par omission, avec ou sans son consentement, pour des raisons de compassion. La personne qui commet l'euthanasie doit par conséquent avoir l'intention de tuer et doit causer la mort de cette personne. Un injection mortelle serait un exemple d'une action. L'arrêt d'un traitement médicamenteux serait un exemple d'une omission.
Quels sont alors les traitements médicaux que nous sommes moralement obligés d'accepter ?
- Nous sommes obligés d'offrir les mesures qui offrent un espoir raisonnable de bienfait pour le patient et qui peuvent être obtenues ou utilisées sans douleur ou dépense excessive, et sans autres inconvénients majeurs.
- Nous ne sommes par obligés de recourir à un traitement lorsqu'il n'apporte aucun bienfait, ou lorsque les inconvénients sont clairement disproportionnés par rapport aux résultats espérés. Les « inconvénients » ne concernent ici que le patient. La question n'est pas que la personne pourrait être un fardeau pour la famille, l'hôpital ou la compagnie d'assurance. Lorsque plus aucun traitement n'est possible, notre devoir consiste alors à aider le patient dans les derniers jours de sa vie.
Compte tenu de ces principes, l'euthanasie n'est pas :
- Laisser mourir quelqu'un naturellement en renonçant à un traitement médical ou en l'arrêtant lorsque les inconvénients dépassent les bienfaits.
- Administrer des analgésiques pour soulager la douleur du malade, même si leur usage comporte le risque prévisible, mais non voulu, d'abréger sa vie.
En parlant d'euthanasie et de suicide assisté, nous pouvons considérer deux points fondamentaux :
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LA DOULEUR
Il ne faut pas craindre d'aborder cette question de front.- Il faut faire savoir que les analgésiques et les techniques utilisés dans les unités de soins palliatifs peuvent contrôler la douleur dans 95% des cas (dont 20% représentent des cas complexes qui demandent les soins d'un expert). Les autres 5% ne peuvent être traités qu'en provoquant une perte de conscience du patient en raison des connexions nerveuses dans certaines formes de cancers.
- Les demandes de suicide des patients disparaissent presque totalement lorsque la douleur ou la dépression sont traitées. Le Toronto Star du 27 septembre rapportait : « Les études montrent que la plupart des gens qui demandent à mourir changent d'idée après un traitement de leur douleur physique ou d'une dépression. Environ 4 à 5% continuent de vouloir l'euthanasie ou l'aide au suicide. »
- La plupart des médicaments ou des traitements contre la douleur peuvent être administrés à la maison. Les patients ne doivent pas craindre de devoir être hospitalisés pour de longues périodes pour obtenir un traitement contre la douleur.
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LA QUALITÉ DE VIE
Qu'est-ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue ?Les gens évoquent parfois des situations de grande souffrance et demandent : « Qui voudrait encore vivre dans de telles conditions ? » Mais ce n'est pas la bonne question ! Il est certain que personne ne voudrait choisir de vivre ainsi. La vraie question est celle-ci : « Que faisons-nous lorsque cela nous arrive ? » Voulons-nous vivre dans une culture qui résout les problèmes humains difficiles en prenant soin du patient, ou allons-nous décider simplement de le tuer ? Il est essentiel que les gens comprennent ce qu'est une authentique qualité de vie avant que des choses terribles ne commencent à leur arriver.
On trouvera dans Life Principles une façon très utile de comprendre et d'enseigner ce qu'est une qualité de vie : http://www.healingtheculture.com/life_principles.php). En considérant quatre niveaux de signification et de but dans l'existence, Life Principles montrent tout ce que la vie peut nous offrir dans ses derniers moments. Il nous arrive trop souvent de limiter la valeur de la vie à des niveaux inférieurs tels que l'indépendance, l'autonomie et le plaisir.
L'importance des derniers moments de la vie
Nous nous trouvons à la fin de notre vie face à un corps affaibli et détérioré, tandis que l'âme vit parallèlement un moment de grande ouverture et de force. Ce mystère de la personne humaine est essentiel pour la compréhension de la fin de vie.Bien qu'il ne faille d'aucune manière « romancer » la vie, nous ne pouvons pas rejeter les grands dons qui nous sont faits précisément dans les derniers instants de la vie : des dons tels que la réconciliation et l'amour inconditionnel. L'euthanasie, de son côté, ne voit aucune valeur possible dans les derniers instants de la vie.
Un mot sur « la dignité »
Cela en dit long sur notre société lorsque les gens ont l'impression de perdre leur dignité à la fin de leur vie. Pourquoi leur avons-nous donné l'impression qu'ils avaient moins de dignité ? N'est-ce pas le propre d'un mourant que de se sentir important ? Notre rôle n'est-il pas de le lui montrer ?L'euthanasie tue une personne deux fois. La première fois lorsque nous regardons sa vie et que nous lui disons : « Vous avez raison. Votre vie ne vaut pas la peine d'être vécue. » Et la deuxième fois lorsque nous la tuons vraiment.
Documents et enseignement de l'Église
Evangelium vitae : sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine ; Pape Jean-Paul II, 1995 : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae_fr.html
Réponses à certaines questions concernant la nutrition et l'hydratation artificielles Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 1er août 2007 http://www.usccb.org/comm/hydrationletter.doc
Discours du Pape Jean-Paul II aux participants au Congrès international promu par la Fédération internationale des associations des médecins catholiques (17-20 mars 2004) : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/2004/march/documents/hf_jp-ii_spe_20040320_congress-fiamc_fr.html
Déclaration sur l'euthanasie ; Congrégation pour la doctrine de la foi, 1980 : http://www.vatican.edu/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19800505_eutanasia_fr.html
Spes salvi présente une excellente section sur la souffrance, n. 35-40 http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20071130_spe-salvi_fr.html
Catéchisme de l'Église catholique, n. 2276-2279 http://www.christusrex.org/www1/catechism/CCC3-fr.html
Citations
« Ceux dont la vie est diminuée où affaiblie réclament un respect spécial. Les personnes malades ou handicapées doivent être soutenues pour mener une vie aussi normale que possible » (CEC, n. 2276).
« l'euthanasie est une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d'une personne humaine la vraie « compassion » rend solidaire de la souffrance d'autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut supporter la souffrance » (EV, n. 65-66).
« Quels qu'en soient les motifs et les moyens, l'euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable. Ainsi une action ou une omission qui, de soi ou dans l'intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. L'erreur de jugement dans laquelle on peut être tombé de bonne foi, ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure » (CEC, n. 2277).
« La cessation de procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus peut être légitime. C'est le refus de "l'acharnement thérapeutique". On ne veut pas ainsi donner la mort ; on accepte de ne pas pouvoir l'empêcher. Les décisions doivent être prises par le patient s'il en a la compétence et la capacité, ou sinon par les ayant droit légaux, en respectant toujours la volonté raisonnable et les intérêts légitimes du patient » (CEC, n. 2278).
« Même si la mort est considérée comme imminente, les soins ordinairement dus à une personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. L'usage des analgésiques pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d'abréger ses jours, peut être moralement conforme à la dignité humaine si la mort n'est pas voulue, ni comme fin ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable. Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de la charité désintéressée. A ce titre ils doivent être encouragés » (CEC, n. 2279).
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