FIV & technologies de la reproduction artificielle (TRA)
Retour à Les faits, page principale
Les deux principales formes des technologies de la reproduction artificielle (TRA) sont l'insémination artificielle (ou intra-utérine) et la fécondation in vitro (FIV)
Insémination artificielle
La plus simple des deux formes d'insémination artificielle s'opère en introduisant le sperme dans le vagin à l'aide d'une seringue, sans rapports sexuels normaux entre les époux. L'acte peut être combiné à une stimulation des ovaires pour produire plusieurs ovules. Ce procédé peut naturellement être employé avec du sperme en provenance du mari ou d'une « tierce personne » intervenant comme donneur. Le statut moral de ce « donneur » devrait se passer d'éclaircissements. Il est directement contraire à l'unité du mari et de son épouse, et à leur vocation d'amour mutuel et fécond. L'insémination artificielle par l'époux demanderait cependant un examen plus approfondi.
Sans être aucunement la principale, une des premières objections à l'introduction artificielle du sperme du mari est le moyen par lequel il est obtenu. C'est très souvent par masturbation. Bien que la masturbation puisse dans ce cas sembler très différente de celle qui a pour but un plaisir personnel, nous ne devons pas oublier la logique sacramentelle et incarnationnelle qui doit guider le chrétien. Les actes génitaux, par la volonté de leur Créateur, sont censés être par nature interpersonnels en tous temps et en toutes circonstances. Aucune bonne intention ne peut modifier cet objectif. Mais le sperme pourrait être recueilli médicalement.
Le principal problème avec l'insémination artificielle est essentiellement le même que pour la contraception. La contraception est une violation du potentiel naturel procréatif intrinsèque à l'acte conjugal. Il contredit le langage sacramentel du corps dans l'accomplissement du don de soi total. Eh bien, tout comme le potentiel procréatif de l'acte conjugal peut être contrecarré, l'aspect unitif peut l'être lui aussi. Et c'est précisément ce que fait l'insémination artificielle. En séparant la conception d'un être humain de l'environnement de don total des époux, et en le plaçant dans un contexte de contrôle et d'efficacité techniques, nous violons l'aspect unitif intrinsèque de l'acte conjugal. Ce faisant, nous violons essentiellement la dignité personnelle de l'enfant - en le plaçant au niveau d'un produit de la technologie au lieu du fruit d'un pur don de soi dans l'amour.
La fécondation in vitro
La fécondation in vitro est sujette à une analyse morale similaire, mais en y ajoutant un élément beaucoup plus sérieux. Dans la FIV, les ovaires de la femme sont également stimulés pour produire une quantité d'ovules. Ces ovules sont alors prélevés chirurgicalement et placés, littéralement, in vitro (c'est-à-dire « dans du verre » - une boîte de Pétri). Le sperme de l'homme, préparé techniquement pour améliorer la qualité spermatique, est mis en contact avec les ovocytes de la femme dans des boîtes stériles. Il est courant d'obtenir de multiples embryons. Un processus d'analyse génétique permet ensuite de détecter des malformations chez les embryons conçus. Ceux-ci seront « éliminés ». Les embryons considérés les plus sains seront ensuite implantés dans l'utérus de la mère. Bien que le couple ne « veuille » avoir qu'un seul enfant, le taux de réussite est si bas qu'il est nécessaire de procéder à de multiples implantations en présumant que la plupart vont mourir. Les embryons surnuméraires sont alors congelés en vue d'une « utilisation » ultérieure, ou alors détruits.
Technologie procréative naturelle : une alternative efficace
Les couples qui connaissent des problèmes d'infertilité ont le droit de connaître les méthodes moralement acceptables que leur offre la NaProTechnology.
La NaProTechnology (technologie procréative naturelle) est le prolongement médical du Modèle Creighton de planification familiale naturelle. Un des principes fondamentaux de la PFN est que chaque cycle menstruel de la femme contient des « bio-marqueurs » qui, lorsqu'ils sont identifiés et suivis, peuvent révéler au couple les périodes fertiles et infertiles. Il y a aux États-Unis un institut médical qui a poussé beaucoup plus loin ce principe au cours de deux décennies de recherches et de pratiques. Utilisant des méthodes de courbes spécifiques, ils sont en mesure de diagnostiquer et de traiter de nombreux problèmes gynécologiques, y compris certaines formes d'infertilité. La clé de leur unicité et de leur succès est l'attention qu'ils portent aux signes très spécifiques que présentent le cycle de fertilité des femmes des signes qui révèlent des problèmes qu'un diagnostic gynécologique plus général peut ne pas remarquer.
Ils spécialisent dans le traitement hormonal, l'échographie avancée et l'intervention chirurgicale si nécessaire. Comme vous pouvez l'imaginer, l'objet particulier de leur recherche les met en mesure d'aider les couples à résoudre non seulement leurs problèmes physiques, mais également les effets émotionnels et psychologiques des problèmes reproductifs. La " cause sous-jacente " de leur traitement de l'infertilité donne souvent des résultats meilleurs et à un bien moindre coût que les méthodes artificielles et moralement inacceptables. La NaproTechnology a été mise au point par le Dr Thomas Hilgers à l'Institut Jean-Paul II pour l'étude de la reproduction humaine, institut qu'il a fondé à Omaha, au Nebraska, en 1985.
La NaproTechnology contre la TRA
Technologies de la reproduction artificielle = Ouverture à la vie sans union
Technologies de la procréation naturelle = Ouverture à la vie avec union
Quelques points à présenter
- Les technologies de reproduction artificielle posent le problème moral opposé par rapport à celui de la contraception. Alors que la contraception viole la dimension procréative de l'acte conjugal, la reproduction artificielle en viole la dimension unitive.
- Si le moyen technique facilite l'acte conjugal, ou l'aide à atteindre ses objectifs naturels, il peut être moralement admis. Quand, au contraire, l'intervention se substitue à l'acte conjugal, elle est moralement illicite (Donum vitae, II, 6).
- Le mystère de la vie est un pur don L'enseignement de l'Église sur la reproduction artificielle fait nettement ressortir le vrai mystère et la dignité de la création de la vie humaine. La vie est véritablement un don qui surpasse tous les autres. Ce don, qui est celui d'une nouvelle personne humaine, doit être le fruit de l'acte conjugal des époux.
- Pourquoi les êtres humains ne doivent être conçus que par l'acte conjugal L'expression la plus complète du don d'amour mutuel est l'acte conjugal. Par lui, les deux époux se font l'un à l'autre, corps et esprit, un don. Ce faisant, ils participent sacramentellement à la vie de la Trinité, à l'amour et au désir de communion du Christ et de l'Église. Il n'y a pas de lieu plus approprié qu'un acte de donation total de soi pour recevoir de Dieu le don gratuit d'une personne humaine nouvelle et immortelle, faite à son image. La procréation doit être le fruit et le signe de cet amour spécifique, et cet amour doit toujours être au moins ouvert au don de procréation. Jamais nous ne devons réduire le don de vie à une simple question d'efficacité et de maîtrise technique. Ce serait faire de la personne un objet de technologie dans ses origines mêmes.
- Il n'y a pas de « droit » à avoir des enfants Malheureusement, l'idée de considérer chaque enfant comme une création unique et un don de Dieu le Père est devenue désuète. Il semble que les enfants, dans notre culture, ressemblent plus à des acquisitions planifiées - des acquisitions qui devraient répondre à nos attentes concernant les aises et les plaisirs qui caractérisent notre style de vie. Un droit véritable et strict à l'enfant serait contraire à sa dignité et à sa nature. L'enfant n'est pas un dû et il ne peut être considéré comme un objet de propriété : il est plutôt un don « le plus grand » et le plus gratuit du mariage, témoignage vivant de la donation réciproque de ses parents. À ce titre, l'enfant a le droit comme on l'a rappelé d'être le fruit de l'acte spécifique de l'amour conjugal de ses parents, et il a aussi le droit d'être respecté comme personne dès le moment de sa conception (Donum vitae, II, 8).
- La souffrance véritable de l'infertilité Le désir d'avoir des enfants est une pleine expression du fruit de l'amour conjugal. L'infertilité est alors une terrible épreuve. Cette épreuve peut être d'autant plus dure que les couples infertiles voient souvent ce don gaspillé et incompris par les attitudes irresponsables et égoïstes, et le comportement sexuel d'autres personnes. Redisons qu'il est très important que les couples qui se croient infertiles recherchent l'aide de la NaproTechnology.
Documents et enseignement de l'Église
Donum Vitae, 1987
http://www.eglise.catholique.fr/getFile.php?ID=832
Dignitas personnae, septembre 2008
http://www.eglise.catholique.fr/ressources-annuaires/guide-de-leglise/saint-siege-et-vatican/instructions/instruction-dignitas-personae-sur-certaines-questions-de-bioethique-.html
Veritatis splendor, Pape Jean-Paul II, 1993
http://www.vatican.va/edocs/FRA0081/_INDEX.HTM
Catéchisme de l'Église catholique, n. 2292-2295 http://www.christusrex.org/www1/catechism/CCC3-fr.html
Citations
« Les expérimentations scientifiques, médicales ou psychologiques, sur les personnes ou les groupes humains peuvent concourir à la guérison des malades et au progrès de la santé publique » (CEC, n. 2292).
« La science et la technique sont de précieuses ressources quand elles sont mises au service de l'homme et en promeuvent le développement intégral au bénéfice de tous ; elles ne peuvent cependant indiquer à elles seules le sens de l'existence et du progrès humain. La science et la technique sont ordonnées à l'homme, dont elles tirent origine et accroissement ; elles trouvent donc dans la personne et ses valeurs morales l'indication de leur finalité et la conscience de leurs limites » (CEC, n. 2293).
« Elle [la loi naturelle] n'est rien d'autre que la lumière de l'intelligence, infusée en nous par Dieu. Grâce à elle, nous connaissons ce que nous devons accomplir et ce que nous devons éviter. Cette lumière et cette loi, Dieu les a données dans la création » (Veritatis splendor, n. 12).
« Les recherches ou expérimentations sur l'être humain ne peuvent légitimer des actes en eux-mêmes contraires à la dignité des personnes et à la loi morale. Le consentement éventuel des sujets ne justifie pas de tels actes. L'expérimentation sur l'être humain n'est pas moralement légitime si elle fait courir à la vie ou à l'intégrité physique et psychique du sujet des risques disproportionnés ou évitables. L'expérimentation sur les êtres humains n'est pas conforme à la dignité de la personne si de plus elle a lieu sans le consentement éclairé du sujet ou de ses ayants droits » (CEC, n. 2295).
« l'utilisation des embryons ou des fœtus humains comme objets d'expérimentation constitue un crime contre leur dignité d'êtres humains qui ont droit à un respect égal à celui dû à l'enfant déjà né et à toute personne » (Evangelium vitae, n. 63).
« La transplantation d'organes est conforme à la loi morale si les dangers et les risques physiques et psychiques encourus par le donneur sont proportionnés au bien recherché chez le destinataire. La donation d'organes après la mort est un acte noble et méritoire et doit être encouragée comme une manifestation de généreuse solidarité. Il n'est pas moralement acceptable si le donneur ou ses proches ayants droits n'y ont pas donné leur consentement explicite. De plus, il est moralement inadmissible de provoquer directement la mutilation invalidante ou la mort d'un être humain, fût-ce pour retarder le décès d'autres personnes » (CEC, n. 2296).
Retour à Les faits, page principale
