Vie et Famille Catholiques 2005-2006
EUTHANASIE
( INFORMATION POUR LES CATHOLIQUES )
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Sommaire des articles :
Qu’est-ce que l’euthanasie ?
Le mot euthanasie était naguère généralement utilisé en rapport avec les animaux. On parlait souvent autrefois de « faire piquer un animal » lorsqu’on voulait mettre fin à sa vie sans le faire souffrir. Au Canada, l’euthanasie s’applique maintenant aux animaux comme aux êtres humains et couvre toutes les situations dans lesquelles ces derniers peuvent se trouver, mais généralement les malades en phase terminale ou ceux qui sont (ou pourraient être) « fatigués de la vie ». Une meilleure définition de l’euthanasie serait par conséquent :
Euthanasie : Action de donner la mort par des moyens indolores à une personne en phase terminale ou sévèrement affaiblie, par omission (suspension intentionnelle de soins médicaux, également appelée « euthanasie passive ») ou par commission d’un acte (« euthanasie active »).
Duhame Law
http://www.duhaime.org/Quelle est la loi canadienne sur l’euthanasie ?
Deux sections du code criminel du Canada lui sont applicables :14. Nul n’a le droit de consentir à ce que la mort lui soit infligée, et un tel consentement n’altère pas la responsabilité pénale d’une personne par qui la mort peut être infligée à celui qui a donné ce consentement.
241. Quiconque conseille à une personne de se donner la mort et aide ou encourage une personne à se donner la mort est coupable d’un acte criminel, que le suicide s’ensuive ou non, et s’expose à une peine d’emprisonnement maximale de 14 ans.
Qu’est-ce que le suicide assisté ?L’euthanasie au sens plus large comprend également l’aide apportée à des personnes souffrantes pour commettre un suicide. Le suicide assisté, ou meurtre intentionnel, même avec l’intention de réduire la souffrance, est un acte criminel. On peut aussi considérer la situation où un médecin décide de ne pas administrer ou d’interrompre les soins médicaux pour raisons d’euthanasie. La section 215 du Code criminel dit que « toute personne est légalement tenue de fournir les choses nécessaires à l’existence d’une personne à sa charge, si cette personne est incapable, par suite … de maladie, de troubles mentaux, ou pour une autre cause, de s’acquitter de cette charge et de pourvoir aux choses nécessaires à sa propre existence. » Les tribunaux ont inscrit le traitement médical dans cette section essentiellement pour empêcher les médecins de ne pas administrer ou d’interrompre un traitement vital.
Quelle est la position de l’Église catholique sur l’euthanasie ou le suicide assisté ?
Le Catéchisme de l’Église catholique nous dit :2277 Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable.
Ainsi une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. L’erreur de jugement dans laquelle on peut tomber de bonne foi ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure.
Que faire dans le cas de ceux qui éprouvent des douleurs incontrôlables ?
La meilleure façon de répondre aux besoins des patients qui souffrent de douleurs incontrôlables n’est pas de les tuer mais de veiller à l’utilisation la plus large possible des moyens offerts par la médecine et la technologie pour contrôler la douleur. Selon le manuel Pain Management and Care of the Terminal Patient, publié en 1992 par la Washington Medical Association, « il est possible de contrôler adéquatement la douleur chez 90 à 99% des patients. » Le problème est qu’un personnel médical mal informé ou utilisant des méthodes dépassées ou inadéquates est souvent incapable d’appliquer les techniques modernes qui permettraient de soulager les patients.
Que penser des procédures médicales qui pourraient être dangereuses, onéreuses et extraordinaires ?
Voici ce que nous dit le Catéchisme de l’Église catholique :
2278 La cessation de procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus peut être légitime. C’est le refus de « l’acharnement thérapeutique ». On ne veut pas ainsi donner la mort ; on accepte de ne pas pouvoir l’empêcher. Les décisions doivent être prises par le patient s’il en a la compétence et la capacité, ou sinon par les ayant droit légaux, en respectant toujours la volonté raisonnable et les intérêts légitimes du patient.
Pourquoi est-il important d’être informé sur ces questions maintenant ?
À l’heure où nous publions cette information, le projet de loi C-407 est présenté devant le Parlement. Ce projet de loi, s’il est accepté, modifiera le Code criminel « afin de permettre à quiconque, sous réserve de certaines conditions, d’aider une personne en fin de vie ou atteinte d’une maladie débilitante à mourir dignement quand elle en exprime le désir libre et éclairé ». (Sommaire, Projet de loi C-407, Chambre des Communes du Canada).
La question de l’euthanasie a-t-elle déjà été présentée devant le Parlement ?
Oui. Au Canada, trois projets de loi ont déjà été présentés par des députés concernant certains aspects de l’euthanasie et la décision de fin de vie. Ils ont toujours été rejetés.
Que puis-je faire faire contre le projet de loi C-407 ?
URGENT
« Dans notre tradition catholique, la vie est un don de Dieu et doit par conséquent être respectée et protégée de la conception à la mort naturelle. Veuillez contacter votre Premier ministre et votre représentant au Parlement afin de manifester clairement votre opposition à toute tentative de légalisation de l’euthanasie et d’assistance au suicide. Nous devons agir sans retard ».
+ Richard Smith
archevêque du diocèse de Pembroke
Si ce projet de loi n’est pas accepté, il est probable que la question reviendra devant le Parlement dans un proche avenir. Veillez à connaître la position de vos candidats sur cette question avant de voter pour eux.
2280 Chacun est responsable de sa vie devant Dieu qui la lui a donnée. C'est Lui qui en reste le souverain Maître. Nous sommes tenus de la recevoir avec reconnaissance et de la préserver pour son honneur et le salut de nos âmes. Nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous n'en disposons pas.
Catéchisme de l'Église catholiqueNouvelles et information pour combattre ce
projet de loi
http://www.stopbillc-407.com« Jamais je ne remettrai du poison, même si on me le demande, et je ne conseillerai pas d'y recourir. »
Serment d'Hippocrate pour la profession médicale
DÉBAT SUR LE PROJET DE LOI C-407
Lundi, 1er octobre 2005 - Le député Jason Kenney, lors du débat sur le projet de loi C-407 qui légaliserait l’euthanasie au Canada, rapportait les résultats de la légalisation de l’euthanasie en Hollande : « Trois études distinctes ont permis de conclure qu’environ 1.000 cas d’euthanasie se produisent chaque année sans le consentement du patient. Selon une étude, les médecins hollandais ont commencé par tuer les malades en phase terminale qui le leur demandaient. Puis ils ont tué les malades chroniques qui le leur demandaient, les personnes déprimées qui n’avaient aucune maladie physique mais qui le leur demandaient, et les nouveau-nés souffrant de malformations congénitales, même si, bien entendu, ils ne peuvent pas le demander. »
Mise en garde de 100 médecins et avocats
adressée au Parlement canadien concernant le projet deloi sur le suicide assisté.
Les médecins : « Nous ne voulons pas devenir les bourreaux de nos patients. »
OTTAWA, 26 octobre 2005 (LifeSiteNews.com) - Un groupe de 100 médecins et avocats a manifesté sa forte opposition à la légalisation du suicide assisté ou de l’euthanasie au Canada. Cette déclaration a été publiée avant la deuxième lecture du projet de loi C-407 d’une députée, prévue pour le 31 octobre. Ce projet de loi demande de légaliser le suicide assisté.
Le document est signé par 61 médecins (comprenant essentiellement toutes les spécialités médicales, y compris plusieurs professeurs, pratiquant dans des domaines aussi divers que la médecine familiale et interne, l’oncologie, la chirurgie, l’anesthésie, la psychiatrie, la neurologie, la radiologie, l’éthique médicale et les soins palliatifs) et a été envoyé à tous les membres du Parlement pour les avertir des dangers que représenterait tout changement à la législation existante. Ce document est également signé par 39 avocats et prévient qu’aux Pays-Bas, où l’euthanasie et le suicide assisté ont été légalisés, plus de 1.000 patients, incluant des enfants et des nouveau-nés, sont tués chaque année sans leur consentement. La mort de près d’un nouveau-né sur dix est maintenant causée en Hollande par l’administration de substances ayant explicitement pour but de précipiter le décès.
La déclaration cite des spécialistes des soins palliatifs du Royaume uni avertissant que « dès lors qu’elle est acceptée, l’euthanasie devient incontrôlable pour des raisons philosophiques, logiques et pratiques. Il est certain que si une législation est introduite, des patients vont mourir sans et contre leur consentement. Il est plus facile et moins coûteux de tuer un patient plutôt que de le traiter », déclarent les médecins. Le document nous avertit qu’une fois que l’euthanasie ou le suicide médicalement assisté ont été légalisés, une énorme pression s’exerce alors sur ceux qui, en raison d’une maladie ou d’une infirmité, se considèrent comme des fardeaux imposés à leurs proches ou à la société. Des pressions seront exercées sur les patients ou les individus handicapés.
Selon ce document, il est impossible de légiférer dans ce domaine sans entraîner des abus. Tout changement dans la législation conduira inévitablement à une dévalorisation de la vie humaine, spécialement celle des membres les plus faibles de notre société.
On peut lire le texte complet du document en anglais à : www.lifesite.net/ldn/2005/oct/05102603.html
DÉCLARATION DES ÉVÊQUES
DU CANADA SUR L'EUTHANASIE
Le 23 septembre 2005
Réunis en Assemblée plénière, les évêques catholiques du Canada notent avec grande inquiétude l’intention du Gouvernement du Canada d’étudier le Projet de loi C-407 – Loi modifiant le Code criminel (droit de mourir dignement).
Alors que nos élus fédéraux s’apprêtent à rentrer à Ottawa pour la prochaine session parlementaire, nous tenons à marquer notre opposition ferme à ce projet de loi et nous demandons au Gouvernement et à tous les membres du Parlement de rejeter cette nouvelle tentative de légalisation de l’aide au suicide et de l’euthanasie au Canada.
Ces pratiques fondées sur une conception erronée de la compassion et de la liberté constituent une menace extrêmement sérieuse qui concerne tous les citoyens, et particulièrement les plus vulnérables. Le bien commun exige que la société canadienne rejette le Projet de loi C-407, afin de maintenir l’essentielle confiance qui doit régner entre tous les citoyens.
En réponse aux souffrances physiques, affectives et morales des personnes de tous âges, particulièrement les grands handicapés et les grands malades, dont ceux en phase terminale, nous appelons tous les Canadiens et toutes les Canadiennes, y compris nos députés, à promouvoir plutôt les soins palliatifs et les soins de fin de vie. Une culture de la vie, dans laquelle chaque personne se sent responsable du bien-être des autres jusqu’à leur mort naturelle, devrait inspirer davantage notre système juridique.
Une question primordiale se pose à l’heure actuelle : comment les Canadiens et les Canadiennes, si sensibles aux abus dont sont victimes les personnes malades, handicapées, vieillissantes et vulnérables, pourraient-ils même entrevoir la possibilité de légaliser l’abus le plus extrême qui soit, la mise à mort d’un autre être humain?
L’adoption du Projet de loi C-407 ou de tout autre projet de loi favorable à l’euthanasie et à l’aide au suicide serait un échec de société dramatique.
Née le 3 décembre 1963
A quitté cette terrele 25 février 1990
En paix le 31 mars 2005
J’ai eu récemment le privilège de bénir la tombe de Terri Schindler-Schiavo assassinée le 31 mars 2005 par déshydratation. Sa tombe est située non loin de l’endroit où elle est morte et où des gens venus de toutes les parties du monde se sont rassemblés pour protester et prier. Ceux qui visitent sa tombent remarqueront cependant quelque chose de tout à fait inhabituel. Alors que sur la plupart des tombes on peut lire deux dates inscrites - celle de la naissance et celle de la mort - la tombe de Terri en porte trois.
Voici ce qu’on peut lire sur sa tombe :
Née
le 3 décembre 1963
A quitté cette terre
le 25 février 1990
En paix
le 31 mars 2005
Le monde entier sait qu’elle est morte le 31 mars 2005. Les médias nationaux et internationaux étaient présents pour couvrir tous les détails. Ils étaient là également lorsque j’ai prêché à ses funérailles. Nous savons quand elle est morte.
Mais son tombeau est devenu une chaire pour le mouvement en faveur de l’euthanasie. Ceux qui l’ont tuée utilisent maintenant sa tombe comme tribune pour leur idéologie tordue. Ce qu’ils essaient de nous dire, c’est que lorsque son cerveau a été blessé en en 1990, la rendant incapable de fonctionner comme la plupart d’entre nous, elle avait cessé d’être l’une d’entre nous. Elle avait « quitté cette terre. »
Ce qui est en réalité une variation d’une hérésie très ancienne qui prétendait que nous sommes en réalité des esprits habitant un corps. Terri ne pouvait plus communiquer normalement. Son « esprit » devait par conséquent l’avoir quittée. Le corps n’était plus qu’une coquille abandonnée. Ceux qui croient qu’elle a réellement « quitté cette terre » en 1990 peuvent par conséquent prétendre qu’il était O.K. de la tuer en 2005. Après tout, ce n’était plus vraiment elle. Elle était déjà partie.
C’est une hérésie, car le christianisme enseigne que nous formons une unité constituée d’un corps et d’une âme, et pas seulement une âme « utilisant » un corps. Le corps importe. Ce que nous faisons au corps, nous le faisons à la personne.
De plus, l’inscription tombale est une insulte grave envers tous les handicapés et tous ceux qui les aiment et les soignent. Devrait-on les considérer comme déjà morts eux aussi ? Perdons-nous notre temps à nous occuper d’eux ? Les partisans de l’euthanasie voudraient nous le faire croire. On rapportait récemment dans la presse une remarque à propos d’un enfant à naître handicapé : « Il n’y a pas là de vie humaine. » L’idée n’est-elle pas la même ? Ils pensent que le bébé a déjà « quitté cette terre », aussi n’hésitent-ils pas à avorter le corps.
En bénissant la tombe de Terri, j’ai prié également pour que le peuple de Dieu soit protégé de cette fausseté. Et je me suis souvenu de ma présence dans la chambre de Terri le jour de sa mort. J’ai revu son visage déshydraté faute d’avoir reçu une seule goutte d’eau depuis deux semaines. J’ai revu les fleurs à proximité sur la table de nuit. Leurs tiges baignaient dans l’eau. Et en quittant la tombe, j’ai jeté un dernier regard sur les vases de fleurs qui ornaient son tombeau.Père Frank Pavone
Directeur national
Priests for Life (USA)
DÉFINITIONS DE L’EUTHANASIE
Euthanasie volontaire : lorsque la personne tuée a demandé à être tuée.
Euthanasie non volontaire : lorsque la personne tuée n’en a pas fait la demande et n’a pas donné son consentement.
Euthanasie involontaire : lorsque la personne tuée a demandé expressément de ne pas l’être.
Suicide assisté : lorsque quelqu’un fournit à une personne l’information et les moyens à prendre pour s’enlever la vie dans l’intention qu’ils seront utilisés à cette fin. Lorsqu’un médecin aide une autre personne à se tuer, on parle de « suicide assisté par un médecin. »
Euthanasie par action : causer intentionnellement la mort d’une personne, c’est-à-dire par une action impliquant l’administration de substances mortifères.
Euthanasie par omission : causer intentionnellement la mort d’une personne par cessation des soins ordinaires d’hydratation et de nutrition.
Ce qui n’est PAS de l’euthanasie : on ne peut parler d’euthanasie que lorsque la mort a été intentionnellement causée par ce qui a été ou n’a pas été fait. Certains gestes médicaux parfois qualifiés d’ « euthanasie passive » ne sont pas des formes d’euthanasie puisque l’intention d’enlever la vie est absente. On inclut dans ces actes le fait de ne pas commencer un traitement qui n’apporterait aucun bienfait au patient, ou d’interrompre un traitement qui s’est montré inefficace, trop lourd ou non désiré, ainsi que l’administration de doses élevées d’analgésique pouvant mettre la vie en danger, lorsqu’elles sont devenues nécessaires. Tous ces actes font partie d’une bonne pratique médicale, approuvée par la loi lorsqu’ils sont exécutés correctement.
Refus de soins et de traitements édicaux
Les citoyens canadiens ont le droit fondamental de refuser tout soin ou tout traitement médical et ils ont le droit de décider quel traitement médical ils acceptent ou rejettent, même si le rejet d’un traitement vital peut entraîner leur mort. Cela fait partie de la Charte canadienne des droits et libertés : « ‘Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu’en conformité avec les principes de justice fondamentale.` » Le Code civil du Québec réitère ce principe.
L’Église catholique béatifie un cardinal qui a pris la défense de la vie contre l’euthanasie sous le régime nazi.
Clemens Clemens August von Galen naquit le 16 mars 1878 dans le château de Dinklage, dans la région de l’Oldenburg, onzième des treize enfants du comte Ferdinand Heribert et d’Élisabeth von Spee. Il fut ordonné prêtre le 28 mai 1904 dans le diocèse de Münster par l’évêque Hermann Dingelstadt.
Un prêtre de paroisse pour les pauvres
Clemens von Galen a passé ses deux premières années de prêtrise comme vicaire de la cathédrale diocésaine où il est devenu le chapelain de son oncle, l’évêque Maximilien Gerion von Galen. De 1906 à 1929, le père Clemens von Galen a surtout exercé son activité pastorale à l’extérieur de Münster : en 1906, il a été nommé chapelain de la paroisse St Matthias, à Berlin-Schönberg ; de 1911 à 1919, Clemens von Galen a été curé d’une nouvelle paroisse à Berlin avant de devenir prêtre paroissial de la basilique St Matthias où il a servi durant dix années. Il était surtout remarqué pour son attention envers les pauvres et les exclus. Le 5 septembre 1933, le père Clemens était nommé évêque de Münster par le Pape Pie XI ; le 28 octobre 1933, il était consacré par le cardinal Joseph Schulte. L’évêque von Galen fut le premier évêque diocésain consacré sous le régime hitlérien.
Nec laudibus, nec timore
Il avait choisi pour devise la formule du rite de la consécration épiscopale : « Nec laudibus, nec timore » [Ni par la louange, ni par la crainte]. Durant ses vingt années comme curé et prêtre paroissial à Berlin, l’évêque von Galen a écrit sur divers sujets politiques et sociaux ; dans une lettre pastorale datée du 26 mars 1934, il critiquait très clairement le « néopaganisme de l’idéologie nationale-socialiste. » Le 14 mars 1937 était publiée l’encyclique Mit brennender Sorge [C’est avec une vive inquiétude] (Aux évêques allemands : la place de l’Église catholique dans le Reich allemand). Elle fut largement diffusée par l’évêque von Galen en dépit de l’opposition nazie.
Le lion de Münster
À l’été de 1941, en réponse aux attaques injustifiées des nationaux-socialistes, l’évêque von Galen a prononcé trois sermons entre juillet et août. Il parlait dans sa vieille paroisse de l’église St-Lambert et dans l’église Liebfrauen-Ueberlassen car la cathédrale avait été bombardée.
Dans son célèbre discours prononcé le 3 août 1941, l’évêque von Galen s’est élevé contre la confiscation des biens de l’Église et l’euthanasie programmée (meurtres par compassion de plus de 70.000 Allemands) mises en œuvre par le régime nazi.
« Une fois admis le fait qu’on a le droit de tuer son prochain s’il est ‘improductif’ … aucun de nous ne sera plus alors en sûreté : n’importe quel comité pourra le mettre sur la liste des personnes ‘improductives’. Et il n’y aura aucune police pour le protéger, aucun tribunal pour venger son meurtre et punir le meurtrier. Qui pourra alors faire confiance à son médecin ? Celui-ci n’aurait qu’à signaler qu’un de ses patients est improductif et il recevrait alors l’ordre de le tuer ! Si cette terrible doctrine est jamais permise et pratiquée, il est impossible d’imaginer vers quelle dépravation elle nous conduira. La suspicion et la méfiance envahiront les familles elles-mêmes. Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand si nous brisons le saint commandement de Dieu : ‘Tu ne tueras pas !’, que le Seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre créateur a inscrit dans la conscience de l’homme dès le commencement des temps. Malheur au peuple allemand si non seulement nous commettons cette offense haineuse et permettons en plus qu’elle soit commise en toute impunité ! \» (Cardinal von Galen, par le Rév. Heinrich Portmann, 1957, pp. 239-240).
La clarté et la perspicacité de ces paroles ainsi que l’inébranlable fidélité des catholiques du diocèse de Münster embarrassaient le régime nazi et, le 10 octobre 1943, la résidence de l’évêque était bombardée. Mgr Clemens von Galen dut trouver refuge dans le collège Borromeo voisin.
À partir du 12 septembre 1944, il lui fut impossible de demeurer à Münster, détruit par la guerre et il partit pour la zone de Sendenhorst. En 1945, Radio Vatican annonçait que le Pape Pie XII allait tenir un Consistoire et que l’évêque de Münster devait aussi y être présent.
Création d’un cardinal
Le 21 février 1946, un Consistoire public se tenait dans la basilique Saint-Pierre et l’évêque von Galen fut créé cardinal. Le 16 mars 1946, le cardinal von Galen, âgé de 68 ans, rentrait à Münster où il fut chaleureusement accueilli parles autorités municipales et nommé citoyen honoraire par le bourgmestre.
Le cardinal Clemens von Galen est décédé trois ans plus tard, le 22 mars 1949. Il a été inhumé le 28 mars dans la chapelle Ludgerus qui est devenue un lieu de pèlerinage de ce défenseur de la foi face à l’oppression politique.
Béatification
Le 9 octobre 2004, le cardinal Clemens von Galen, connu sous le nom de « Lion de Münster », était béatifié, première étape sur la voie de la canonisation dans l’Église catholique. +
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